Les Dictons de Michel Guérard ...

Faire chou Blanc
Arriver tout dernier à un concours de choucroute
Être un cœur d'artichaut
Par définition, un cuisinier rêve d'être l'homme de toutes les femmes
Faire une omelette sans casser des oeufs
Mieux vaut se brouiller avec un oeuf qu'avec un client ...

Ne pas savoir si c'est du lard ou du cochon
Voilà une évocation bien déplacée pour un animal domestique sacré dont chaque pouce est un morceau de roi.
La fin des haricots
Ce serait une triste saison pour le cassoulet ... Et pour nous tous : les légumes secs sont particulièrement riches en protéines végétales, ils contiennent des glucides lents et des fibres qui retardent le retour de la faim. L'idéal, c'est de les associer aux céréales.

Latin de cuisine
Élémentaire, mon cher Watson ! pour moi, la cuisine, c'est tout simplement la qualité originelle du produit nu et en même temps la maîtrise parfaite de la technique culinaire, c'est à dire l'art des cuissons et celui, émotionnel, des assaisonnements, le tout servi par un sens inné de la poésie et de l'intuition. Ne me cuisinez pas davantage, je n'en dirai pas plus ...
Bon comme du bon pain
La "non-cuisine" est un délice ... qui ne laisse d'ailleurs de faire le grand bonheur du cuisinier toujours en quête de virginité. Rien ne vaut l'oeuf frais pondu par une poule qui court dans l'herbe, les mouillettes de bon pain au beurre salé, une tomate gorgé de soleil, un trait d'huile d'olive de la vallée des Baux, un filet de vieux vinaigre de vin rouge, quelques grains de gros sel gris. De toute façon il me paraît sage de ne pas manger de plats dits "d'exception" tous les jours. L'exception doit garder l'aura d'un moment unique. D'autant que cet exceptionnel peut nicher dans la parfaite simplicité d'un produit quotidien (à savoir le pain, lorsqu'il est bon comme du bon pain...)
Ce n'est pas ma tasse de Thé
La frime faux chic, la cuisine chichi-cucul...
Christine et moi avons toujours cru aux choses simples et vraies, à un art de vivre qui repose à la fois sur le sens de la tradition et celui du bien-être. Un feu de cheminée dans la chambre, des meubles de bois fruitier patinés par l'âge, des senteurs d'aromates et de linge frais repassé, des mariages de matières naturelles, une candeur raffinée ... Le savoir-faire, c'est aussi de savoir choisir ce qui est rassurant, solide, simple et éternel.
Qui dort, dîne
Certes, à condition toutefois de peupler son sommeil de fastueux plaisirs gourmands.
Mettre de l'huile sur le feu
D'accord, si c'est de l'huile d'olive ou de l'huile de colza aux précieux acides bénéfiques... Mais pourquoi pas de la graisse d'oie ou de canard dont une récente enquête américaine a fait la démonstration des mêmes vertus.
Tous les goûts sont dans la nature
Rien n'est plus éclectique que le goût... Confucius dixit. Il y a peu de temps, dans un restaurant branché de New York, j'ai pris un dessert fait de moutarde anglaise en poudre et de coulis de framboise saupoudré de cacao amer. Certifié authentique... Certains goûts se perdent aujourd'hui, en particulier celui du bonheur simple et vrai. En matière de cuisine, les goûts forts et très marqués sont eux aussi boudés : l'excès d'ail, le gibier faisandé sont d'une autre époque ...

Des recettes Michel Guérard , Chuuuutttttt ......

Le risotto retour de Chine, selon Marco Polo

Marché pour 4 Personnes.
250 g de riz d'Italie (Arborio)
80 g d'oignons hachés fin
1,5 dl de vin blanc sec
1 l de bouillon de volaille ou de pot-au-feu (en tablette)
2 cuillères à soupe d'huile d'olive
100 g de beurre
80 g de parmesan râpé
150 g de crème fouettée
sel, poivre

Préparation

Dans une cocotte en fonte , faire fondre 40 g de beurre, y faire légèrement blondir les oignons. Versez le riz en le tournant pendant 5 minutes à l'aide d'une cuillère en bois pour l'amener à une coloration blonde. Ajouter le vin blanc et le laisser s'évaporer totalement pour ne recueillir que sa concentration. Ajouter le bouillon en quatre fois en laissant, à chaque fois s'évaporer comme précédemment. Au bout de 18 à 20 minutes, le riz, après avoir absorbé le liquide de cuisson doit être cuit. Mélanger alors les 60 g de beurre restant, les deux cuillères à soupe d'huile d'olive et le parmesan. Battre énergiquement à l'aide de la cuillère en bois et ajouter enfin la crème fouettée, en l'intégrant délicatement au riz.

Les Petits pots au cacao façon belle créole

Marché pour environ 30 petits pots
1 L de lait
230 g de chocolat "Couverture" cassé en morceau
250 g de sucre
10 cl d'eau
14 jaunes d'œufs
1 cuillère à soupe d'essence de cacao trablit
40 g de cacao en poudre

Préparation


Faire bouillir le lait , verser sur le chocolat , ajouter l'essence de cacao. Faire un sirop avec l'eau et le sucre, verser sur le cacao. Bien mélanger le tout. Laisser refroidir . Ajouter les jaunes d'œufs  battus . Passer au chinois étaminé. Laisser reposer 24 heures. Cuire entasse à moka au bain marie à 140 °C pendant 30 à 35 minutes. Pour le service , vous pouvez agrémenter d'une crème fouettée composée de 100 g de crème fouettée, 15 g de sucre et 5 g de CaroNestlé (mélange d'orge, de seigle et de chicorée torréfiés). 

Le cortège de Saint-jacques, grosses crevettes grillées autour du risotto

Marché pour 4 personnes
4 Grosses crevettes ou langoustines ou gambas
4 Truffes crues de 25 g chacune
12 noix de coquilles saint-jacques
12 Queues de langoustines moyenne décortiquées (240g)
50 g de jambon de Bayonne coupé en petit cubes (avec le gras)
2 cuillères à soupe d'huile d'olive
1 cuillère à soupe d'herbes hachées (persil, coriandre, estragon ...)
quelques graines de cumin
1 citron vert
beurre frais, gros sel gris de mer, sel, poivre

4 belles cuillère à soupe de risotto (voir recette du risotto)
4 4 grosse tranches de pain de campagne au levain

Préparation

Blanchir 30 secondes les quatre grosses crevettes (ou langoustines ou gambas) dans de l'eau bien salée. Les égoutter et les mettre a refroidir au réfrigérateur. Lorsqu'elles sont froide , les les décortiquer et les trancher en très fines lanières presque transparentes (comme pour un carpaccio) dans le sens de la longueur. Les ra,nger à plat sur le fond de quatre assiettes. Pour plus de facilité, on peut aussi tout simplement griller les noix de saint-jacques et les grosse crevettes au gril du four préchauffé, après les avoir enduite d'huile d'olive. Verser une cuillère à soupe d'huile d'olive dans une casserole. Y faire fondre et revenir les petits cubes de jambon, jusqu'a ce que le gras devienne translucide. Ajouter les noix de saint-jacques et les douze queues de langoustines  préalablement décortiquées. Remuer pour pour que le jambon vienne se coller à la chair des queues de langoustines, faire sauter vivement pendant 4 à 5 minutes. Saler très légèrement, poivré, ajouter la cuillère d'herbes hachées et les graines de cumin. Répartir équitablement la préparation dans quatre petits bols chinois . Tenir au chaud. Présenter chaque assiette en badigeonnant d'un peu d'huile d'olive, à l'aide d'un pinceau les lanières des grosses crevettes blanchies. Ajouter quelques goutte de citron vert et quelques grain de gros sel. placé à coté la truffe crue, un tout petit tas de gros sel et une belle cuillerée oblongue de risotto bien chaud. Servir en même temps, et à côté, le bol chinois de saint-jacques et de langoustine sautées. Accompagner d'une grosse tranche de pain grillé au levain, tartinée de beurre frais et saupoudrée de gros sel. Ce plat se déguste en accompagnant chaque bouchée de saint-jacques et de langoustines sautées, de lanières de langoustines semi crues, d'une cuillère de risotto et de truffe crue croquée à pleine dents. C'est insolite et délicieux ; ce contraste à la dégustation , du chaud et du froid, du cru et du cuit est un véritable enchantement, exalté par le risotto dans son rôle de "rassembleur".